EGAlim en restauration commerciale en 2026 : 4 obligations de conformité à connaître (et ce qui relève vraiment de la restauration collective)
Article publié le : 20/07/2026
Vous exploitez un restaurant, une brasserie, un snack ou une activité de vente à emporter en France et vous vous demandez ce que la loi EGAlim vous impose réellement en 2026 ? Entre l'affichage de l’origine des viandes, le doggy bag obligatoire, les biodéchets et les objectifs souvent cités de 50 % de produits durables dont 20 % bio, la confusion est fréquente. Le point important est simple : toutes les règles associées à EGAlim ne concernent pas automatiquement la restauration commerciale. Nous vous aidons à faire le tri, avec un angle pratique et sécurisant.
EGAlim, EGAlim 2 : ce qui concerne vraiment la restauration commerciale
La loi n°2018-938, dite EGAlim, puis la loi n°2021-1357, dite EGAlim 2, ont renforcé plusieurs exigences autour de l’alimentation, de la transparence et de la lutte contre le gaspillage. Mais sur le terrain, un raccourci revient souvent : penser que les obligations de la restauration collective s’appliquent d’office aux restaurants commerciaux.
En pratique, ce n’est pas le cas. Un restaurant traditionnel, une brasserie, une sandwicherie, un fast-food, une activité de livraison ou de vente à emporter n’entrent pas automatiquement dans le même cadre qu’une cantine scolaire, un restaurant d’entreprise ou une cuisine collective.
En 2026, pour la restauration commerciale, quatre sujets doivent surtout retenir votre attention :
- l’affichage de l’origine des viandes ;
- la mise à disposition d’un doggy bag à la demande du client ;
- la différence à bien comprendre avec les objectifs 50 % durables / 20 % bio de la restauration collective ;
- les obligations environnementales concrètes, notamment sur les biodéchets.
Bon à savoir : depuis le 7 mars 2024, l’affichage de l’origine des viandes bovines, porcines, ovines et de volaille est généralisé à la restauration commerciale.
Obligation n°1 : afficher l’origine des viandes servies en restauration commerciale
Depuis le 7 mars 2024, le décret n°2024-171 du 4 mars 2024 impose une information renforcée sur l’origine des viandes utilisées comme ingrédients dans les préparations de viandes et les produits à base de viande.
Cette obligation concerne les établissements de restauration, y compris :
- la consommation sur place ;
- la vente à emporter ;
- la livraison.
Autrement dit, le sujet ne concerne pas uniquement les restaurants avec salle. Un snack, un point de vente sans places assises ou une activité de repas livrés peuvent aussi être concernés sur ce volet d’information au consommateur.
Quelles viandes sont concernées ?
L’obligation vise notamment les viandes :
- bovines ;
- porcines ;
- ovines ;
- de volaille.
Le point clé est qu’il ne s’agit pas seulement de la pièce de viande brute. L’obligation s’applique aussi aux viandes utilisées comme ingrédient dans une préparation ou un produit à base de viande.
Comment afficher l’information ?
L’information doit être visible et accessible au consommateur. En pratique, vous pouvez l’intégrer sur :
- la carte ou le menu ;
- une ardoise ;
- un chevalet de comptoir ;
- un affichage mural ;
- un support numérique type QR code, à condition que l’information reste facilement lisible.
Les formulations possibles dépendent du cas :
- « Origine : pays » lorsque naissance, élevage et abattage ont eu lieu dans le même pays ;
- pour le bovin : « Né et élevé : … / abattu : … » si les étapes ont eu lieu dans des pays différents ;
- pour le porc, l’ovin et la volaille : « Élevé : … / abattu : … » ;
- dans certains cas prévus par la réglementation, « origine UE » ou « origine hors UE ».
Si vous voulez vérifier l’ensemble de vos supports clients, notre guide sur l’affichage obligatoire dans un bar ou restaurant en 2026 vous aide à contrôler les points les plus souvent relevés en inspection.
Le bon réflexe terrain : sécuriser la traçabilité
Pour éviter les erreurs, prévoyez un fonctionnement simple :
- demandez à vos fournisseurs des fiches techniques à jour ;
- classez les factures et les documents d’approvisionnement ;
- mettez à jour l’affichage en cas de changement de provenance ;
- désignez une personne responsable de la vérification en cuisine ou en management.
En cas de manquement, l’amende administrative peut aller jusqu’à 1 500 € pour une personne physique et 7 500 € pour une personne morale, par manquement.
Obligation n°2 : proposer un doggy bag à la demande du client
Depuis le 1er juillet 2021, les établissements de restauration commerciale et les débits de boissons à consommer sur place doivent mettre à disposition de leurs clients qui en font la demande un contenant permettant d’emporter les aliments ou boissons non consommés sur place.
L’objectif est double :
- réduire le gaspillage alimentaire ;
- répondre à une attente devenue banale pour de nombreux clients.
Le contenant doit être réutilisable ou recyclable et adapté au contact alimentaire. Cette obligation ne s’applique pas aux produits proposés en offre à volonté.
Comment rester conforme sans compliquer le service ?
Le plus efficace est de prévoir une procédure très concrète :
- un petit stock de contenants adaptés ;
- une phrase type en salle pour harmoniser la pratique ;
- une consigne d’hygiène sur le remplissage et la fermeture ;
- une mention discrète sur l’addition, le menu ou l’ardoise.
Exemple de routine simple : en fin de repas, le serveur peut proposer au client d’emporter le reste s’il le souhaite. Cela sécurise la pratique et limite les oublis.
Si le client apporte son propre contenant, le texte prévoit qu’un affichage l’informe sur les règles de nettoyage et d’aptitude. L’établissement peut refuser un contenant manifestement sale ou inadapté.
Ce sujet s’inscrit logiquement dans une démarche plus large de lutte contre le gaspillage et d’obligations environnementales en restauration, notamment pour articuler salle, cuisine et tri.
Obligation n°3 : ne pas confondre restauration commerciale et restauration collective sur les 50 % durables et 20 % bio
Voici sans doute la confusion la plus fréquente en 2026.
L’objectif d’au moins 50 % de produits durables et de qualité, dont 20 % de produits bio, concerne principalement la restauration collective. Il ne s’agit pas d’une obligation générale imposée à tous les restaurants commerciaux.
Attention : cet objectif vise la restauration collective, par exemple les cantines scolaires, restaurants d’entreprise, établissements de santé ou structures assimilées. Si vous exploitez uniquement un restaurant commercial, vous n’avez pas à télédéclarer vos achats sur ma cantine au seul titre de votre activité commerciale.
En 2026, la campagne de télédéclaration sur la plateforme ma cantine a d’ailleurs concerné les achats 2025 des restaurants collectifs, avec une ouverture du 12 janvier au 31 mars 2026. C’est donc un repère très utile pour distinguer les périmètres.
Pour vos vérifications réglementaires, vous pouvez vous appuyer sur la documentation officielle relative à la télédéclaration 2026 des achats en restauration collective.
Et si vous avez une activité mixte ?
Certaines structures cumulent plusieurs activités :
- restaurant + contrat de restauration d’entreprise ;
- traiteur + prestation régulière pour une collectivité ;
- cuisine centrale + point de vente commercial.
Dans ce cas, il faut raisonner par activité. Une partie de votre exploitation peut relever de la restauration collective, l’autre non.
Mini-checklist utile :
- identifiez vos prestations commerciales et vos prestations collectives ;
- séparez, si possible, les achats et les flux documentaires ;
- vérifiez si une télédéclaration ma cantine est requise pour votre activité collective ;
- formalisez qui pilote le suivi réglementaire en interne.
Obligation n°4 : en restauration commerciale, le vrai sujet environnemental à intégrer est celui des biodéchets
Plutôt que d’ajouter une « obligation EGAlim » incertaine ou hors sujet, le point vraiment utile pour un article conformité 2026 est de rappeler une obligation bien réelle pour les restaurants : le tri à la source des biodéchets, généralisé depuis le 1er janvier 2024.
Cette exigence ne relève pas strictement du cœur d’EGAlim, mais elle s’inscrit pleinement dans la logique de réduction du gaspillage et de preuve de conformité environnementale.
En pratique, cela signifie que vous devez :
- identifier vos flux de biodéchets ;
- mettre en place un tri à la source ;
- organiser une solution de valorisation ;
- conserver des preuves : contrat, bons de collecte, factures, consignes internes.
Le compostage sur place n’est pas obligatoire. Ce qui compte, c’est de pouvoir démontrer une organisation opérationnelle et crédible.
Pour aller plus loin sur ce volet, vous pouvez consulter notre article sur les obligations légales 2026 liées au gaspillage alimentaire et aux biodéchets en restauration, très utile pour relier conformité, coûts matières et organisation d’équipe.
Contrôles, DGCCRF, DDPP : comment vous préparer concrètement
Sur ces sujets, l’enjeu n’est pas seulement de connaître la règle. En contrôle, ce qui fait la différence est votre capacité à prouver votre organisation.
Selon les volets, plusieurs autorités peuvent intervenir, notamment :
- la DGCCRF pour l’information du consommateur et la loyauté des pratiques ;
- la DDPP pour les aspects sanitaires, d’hygiène et certaines vérifications opérationnelles.
Le bon réflexe consiste à constituer un classeur de conformité ou un dossier numérique simple, avec :
- les preuves d’affichage de l’origine des viandes ;
- les documents de traçabilité fournisseurs ;
- la procédure interne sur le doggy bag ;
- les justificatifs liés aux biodéchets ;
- si besoin, les consignes équipe et les supports de contrôle interne.
Cette logique de preuve est de plus en plus importante dans le CHR. Elle permet de gagner du temps, de sécuriser l’exploitation et de limiter les non-conformités évitables.
Faire de la conformité un réflexe d’exploitation
En 2026, la bonne lecture d’EGAlim en restauration commerciale consiste à distinguer clairement ce qui vous concerne directement de ce qui relève de la restauration collective. Pour votre établissement, les points les plus concrets sont l’affichage de l’origine des viandes, le doggy bag et l’organisation de vos obligations environnementales, notamment sur les biodéchets.
Si vous souhaitez structurer vos pratiques, fiabiliser vos affichages, renforcer la traçabilité ou remettre votre équipe à niveau sur les bons réflexes sanitaires et réglementaires, nous pouvons vous accompagner. Nos parcours en hygiène alimentaire et nos contenus pratiques pour le CHR sont pensés pour vous aider à transformer la conformité en organisation simple, concrète et durable.