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Biodéchets en restaurant : obligations depuis le 1er janvier 2024, risques et mise en conformité pas à pas

Article publié le : 19/07/2026


Vous gérez un restaurant, un hôtel avec activité de petit-déjeuner ou de banquet, un snack, un traiteur ou un autre établissement de bouche ? Depuis le 1er janvier 2024, le tri à la source des biodéchets n’est plus réservé aux gros producteurs : il concerne désormais tous les professionnels. La vraie question n’est donc plus “suis-je concerné ?”, mais plutôt : comment me mettre en règle simplement, sans désorganiser mon établissement ni alourdir inutilement mes coûts ?

Dans ce guide, nous vous expliquons le cadre légal, les solutions concrètes de collecte ou de valorisation, les preuves à conserver, les risques en cas de non-conformité et une méthode simple pour avancer étape par étape.

Depuis le 1er janvier 2024, le tri des biodéchets est obligatoire pour les restaurants

Le point essentiel à retenir est simple : en France, le tri à la source des biodéchets est généralisé depuis le 1er janvier 2024.

Cette obligation s’inscrit dans la loi AGEC et dans l’article L.541-21-1 du Code de l’environnement. En pratique, cela signifie que tout producteur ou détenteur de biodéchets doit mettre en place :

  • soit une valorisation sur place ;
  • soit une collecte séparée permettant leur valorisation.

Dans le secteur CHR, cela concerne notamment :

  • les restaurants traditionnels ;
  • les brasseries et cafés proposant de la restauration ;
  • les hôtels avec petit-déjeuner, restauration, séminaires ou banquets ;
  • les traiteurs ;
  • la restauration rapide et le snacking ;
  • les cantines et collectivités ;
  • les métiers de bouche avec préparation ou vente de denrées.

Bon à savoir ✅ L’obligation porte à la fois sur le tri à la source et sur l’existence d’une solution de valorisation. En clair, il ne suffit pas d’avoir un bac dédié : encore faut-il pouvoir démontrer où vont vos biodéchets et comment ils sont pris en charge.

Pour replacer cette obligation dans une démarche plus large, vous pouvez aussi vous appuyer sur notre guide sur le développement durable dans les CHR et les obligations 2024-2026, utile pour relier conformité, image et performance opérationnelle.

Quels déchets sont concernés dans un restaurant ?

Dans un établissement CHR, les biodéchets correspondent concrètement aux déchets alimentaires et de cuisine biodégradables.

Vous pouvez y retrouver, par exemple :

  • les épluchures de fruits et légumes ;
  • les restes de préparation ;
  • les produits périmés ou invendus non donnés ;
  • les restes d’assiettes ;
  • le marc de café ;
  • le pain non valorisé ;
  • certains essuie-tout, serviettes ou papiers compostables si la filière locale les accepte.

Erreur fréquente ⚠️ Biodéchets ne veut pas dire emballages. Un emballage, même présenté comme compostable, n’est pas automatiquement accepté dans votre filière de collecte ou de compostage. Vérifiez toujours les consignes de votre collectivité ou de votre prestataire.

Autre point de confusion fréquent : les huiles alimentaires usagées. Elles relèvent généralement d’une filière distincte, avec des règles de stockage et d’enlèvement spécifiques. La logique reste proche : tri séparé, prestataire adapté, justificatifs à conserver.

Quelles solutions choisir pour gérer vos biodéchets en conformité ?

Il n’existe pas une seule bonne solution pour tous les établissements. Le bon choix dépend surtout de vos volumes, de votre espace disponible, de votre organisation interne et de l’offre locale.

1. Le compostage de proximité ou sur site

Le compostage peut être une solution pertinente si vous disposez :

  • d’un espace adapté ;
  • d’une organisation stable ;
  • d’une équipe sensibilisée ;
  • d’un cadre limitant les nuisances, les erreurs de tri et les problèmes d’hygiène.

Cette option demande en général :

  • une procédure interne claire ;
  • la désignation d’un référent ;
  • une sensibilisation régulière des équipes cuisine et plonge ;
  • un contrôle du bon usage du dispositif.

Le compostage sur site peut être intéressant pour certains établissements disposant de place, mais il n’est pas toujours réaliste en zone dense ou dans les petites surfaces.

2. La collecte séparée par un prestataire

Pour beaucoup de restaurants, c’est la solution la plus simple à déployer. Le principe : vous triez vos biodéchets dans des contenants dédiés, puis un prestataire assure leur collecte séparée et leur envoi vers une filière de valorisation.

Au moment de choisir un collecteur, vérifiez notamment :

  • les contenants fournis ;
  • la fréquence de collecte ;
  • les conditions de stockage entre deux enlèvements ;
  • les attestations ou justificatifs remis ;
  • la lisibilité de l’exutoire de traitement ;
  • la compatibilité avec vos horaires d’exploitation.

Selon les territoires, vous pouvez trouver des acteurs spécialisés comme Moulinot, Les Alchimistes ou Phenix, sans que cette liste soit exclusive. L’offre varie fortement d’une ville à l’autre : il est donc important de vérifier les solutions réellement disponibles sur votre secteur.

3. La méthanisation via une filière locale

La méthanisation est souvent mobilisée à travers un prestataire ou une organisation territoriale. Elle peut être particulièrement adaptée si votre établissement produit des volumes réguliers et si une filière locale bien structurée existe.

Pour un restaurant, l’enjeu n’est pas de gérer directement la méthanisation, mais bien de s’assurer que la solution retenue débouche sur une valorisation identifiable.

4. Le don alimentaire en amont, comme complément

Le don alimentaire ne remplace pas la gestion des biodéchets résiduels, mais il reste un excellent levier de prévention. Lorsqu’un produit est encore consommable, l’objectif est d’abord d’éviter qu’il devienne un déchet.

Cette logique s’inscrit dans la continuité des démarches anti-gaspillage. Pour aller plus loin sur ce sujet, vous pouvez consulter notre guide sur le gaspillage alimentaire en restauration et les leviers concrets pour réduire vos coûts. C’est un bon complément pour traiter la prévention en amont, puis le tri et la collecte ensuite.

Diagnostic rapide : quelle solution est la plus adaptée à votre établissement ?

Avant de signer un contrat ou d’acheter du matériel, prenez 30 minutes pour faire un premier diagnostic :

  • Quels sont vos principaux flux de biodéchets ?
  • Combien de kilos ou de bacs produisez-vous par semaine ?
  • Disposez-vous d’un espace de stockage temporaire ?
  • Votre activité est-elle régulière ou très saisonnière ?
  • Quelles solutions existent localement ?

Cette étape évite beaucoup d’erreurs de départ. Si vous souhaitez structurer une démarche plus durable et plus lisible pour vos équipes, notre formation Développement Durable 100% digitale avec IA intégrée vous aide à organiser vos pratiques, votre pilotage et vos preuves de conformité dans une logique concrète, adaptée au terrain.

Quelles preuves conserver en cas de contrôle ?

Sur le sujet des biodéchets, la conformité ne repose pas seulement sur le tri visible. Elle repose aussi sur votre capacité à prouver votre organisation.

Voici une base de documents à conserver :

  • le contrat du prestataire de collecte ou de traitement ;
  • les attestations de collecte ou de traitement ;
  • les bordereaux ou justificatifs remis, lorsqu’ils existent ;
  • un registre interne de suivi des volumes, fréquences ou enlèvements ;
  • les procédures de tri affichées en cuisine, plonge et zone déchets ;
  • les preuves de sensibilisation ou de formation des équipes ;
  • si besoin, votre procédure de gestion des huiles alimentaires usagées.

L’objectif est simple : être prêt en cas de contrôle, sans devoir reconstituer les preuves dans l’urgence.

Dans cette logique, les sujets déchets, hygiène, procédures et rigueur documentaire se rejoignent souvent. Si votre organisation cuisine a besoin d’être consolidée plus largement, une montée en compétences sur les bonnes pratiques peut aussi être utile, notamment via notre accompagnement en hygiène alimentaire lorsque la gestion des déchets s’inscrit dans une démarche globale de maîtrise opérationnelle.

Quels sont les risques si vous ne respectez pas l’obligation biodéchets ?

Le sujet ne doit pas être dramatisé, mais il ne doit pas être minimisé non plus. Le non-respect du tri à la source des biodéchets peut exposer à des sanctions pénales et/ou administratives selon la nature du manquement retenu.

Le Code de l’environnement prévoit différents régimes de sanction en matière de déchets. Selon les cas, il faut distinguer :

  • la nature exacte du manquement ;
  • la qualification retenue ;
  • la situation d’une personne physique ou d’une personne morale.

⚠️ Point de vigilance : les montants exacts et les fondements juridiques doivent toujours être vérifiés avant publication ou prise de décision formelle, car ils varient selon les textes mobilisés.

Au-delà de l’amende éventuelle, les risques “réels” pour un établissement sont souvent très concrets :

  • non-conformité relevée lors d’un audit ou d’un contrôle ;
  • organisation déchets jugée insuffisante ;
  • difficultés avec un bailleur, une copropriété ou un prestataire ;
  • image dégradée si les pratiques paraissent incohérentes ;
  • fragilité dans certains dossiers clients ou appels d’offres intégrant des critères environnementaux.

Sur le terrain, un contrôle peut porter à la fois sur les pièces justificatives et sur l’organisation opérationnelle : présence de bacs, affichage, procédure, stockage, traçabilité. D’où l’intérêt d’un dispositif simple, tenu à jour et compréhensible par toute l’équipe.

Checklist conformité biodéchets : 12 points à vérifier dans votre restaurant

  • Identifier tous les flux de biodéchets de la cuisine à la salle.
  • Prévoir des bacs dédiés et bien positionnés.
  • Mettre une signalétique claire sur ce qui va ou non dans le bac.
  • Formaliser une procédure de tri en fin de service.
  • Organiser une zone de stockage temporaire propre et praticable.
  • Choisir un prestataire ou une solution de valorisation adaptée.
  • Conserver le contrat et les justificatifs de collecte/traitement.
  • Isoler correctement la gestion des huiles alimentaires usagées.
  • Désigner un référent en interne.
  • Sensibiliser cuisine, plonge, salle et encadrement.
  • Contrôler chaque semaine la qualité du tri.
  • Suivre un indicateur simple : kg ou volume par semaine.

Vous pouvez aussi prévoir un plan de secours si la collecte est interrompue : saturation des bacs, fermeture du prestataire, pic d’activité, événement exceptionnel.

Combien cela peut-il coûter et comment limiter l’impact sur votre budget ?

Le coût d’une mise en conformité dépend beaucoup de la taille de l’établissement et de la solution choisie. Les principaux postes à anticiper sont :

  • l’achat ou la mise à disposition de bacs adaptés ;
  • le coût de collecte ;
  • le temps de tri et de pilotage ;
  • l’espace de stockage ;
  • la sensibilisation ou la formation des équipes.

Petit établissement

Pour un petit restaurant ou un snack, l’enjeu principal est souvent de garder une organisation simple : peu de bacs, tri propre, fréquence adaptée, pas de suréquipement inutile.

Volumes moyens

Pour une brasserie, un hôtel-restaurant ou un établissement avec plusieurs services, la marge de manœuvre se situe souvent dans l’optimisation des fréquences et dans la réduction des erreurs de tri.

Gros volume

Pour une cantine, un traiteur événementiel ou une structure produisant beaucoup de déchets alimentaires, les gains se trouvent davantage dans le pilotage des volumes, la prévention du gaspillage et la contractualisation.

Les leviers d’optimisation les plus utiles sont souvent les mêmes :

  • réduire le gaspillage alimentaire à la source ;
  • mieux ajuster la fréquence de collecte ;
  • négocier un contrat cohérent avec vos volumes réels ;
  • mutualiser si cela est possible localement ;
  • améliorer la qualité du tri pour éviter les refus ou les surcoûts.

Un point intéressant ressort aussi de nos contenus internes sur l’anti-gaspi : mesurer les déchets permet souvent de transformer une contrainte réglementaire en levier de marge. Quand vous savez ce que vous jetez, vous améliorez aussi vos achats, vos portions et vos méthodes de production.

Structurer durablement vos pratiques, sans complexifier votre quotidien

Le tri à la source des biodéchets est désormais une obligation claire pour les professionnels de la restauration. La bonne nouvelle, c’est qu’une mise en conformité efficace ne repose pas forcément sur une usine à gaz. Dans la plupart des cas, il s’agit surtout de mettre en place une méthode simple : identifier vos flux, choisir la bonne solution locale, formaliser vos consignes et conserver vos preuves.

Si vous souhaitez aller plus loin, nous pouvons vous aider à transformer cette obligation en démarche utile pour votre établissement : moins de gaspillage, plus de lisibilité pour vos équipes et une organisation plus solide au quotidien. Pour cela, vous pouvez vous appuyer sur notre formation Développement Durable, conçue pour structurer une démarche écoresponsable concrète, ou nous contacter afin d’identifier la solution la plus adaptée à votre activité.

illustration Ouverture

OUVRIR SON ÉTABLISSEMENT EN CHR

FORMATIONS OBLIGATOIRES POUR OUVRIR UN ETABLISSEMENT EN CHR

Avant d'ouvrir un établissement dans le secteur des cafés, hôtels et restaurants (CHR), il est indispensable de suivre deux formations obligatoires.
  • Le permis d'exploitation est requis pour toute personne souhaitant vendre de l'alcool à consommer sur place, garantissant une connaissance des règlementations en vigueur.
  • La formation en hygiène alimentaire est obligatoire dès lors que vous manipulez ou servez des produits alimentaires, afin d'assurer le respect des normes sanitaires et de garantir la sécurité de vos clients
DÉLAIS D'ACCES AUX FORMATIONS : Sous réserve de disponibilité, les inscriptions sont ouvertes jusqu'à 24h avant la formation.