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REP Emballages professionnels (REP EIC) : quelles obligations pour les CHR à partir du 1er juillet 2026 ?

Article publié le : 12/06/2026


Vous utilisez des gobelets, boîtes, sachets, dosettes ou emballages de transport dans votre activité ? À partir du 1er juillet 2026, la REP emballages professionnels entre dans une nouvelle phase opérationnelle qui peut concerner de nombreux établissements CHR. La question est simple : êtes-vous concerné, que devez-vous déclarer et comment vous mettre en conformité sans alourdir inutilement vos coûts ? Nous vous expliquons l’essentiel, de manière claire et opérationnelle, avec un focus sur les démarches à anticiper avant l’échéance.

Comprendre la REP emballages professionnels et son périmètre au 1er juillet 2026

La Responsabilité Élargie du Producteur repose sur un principe simple : l’entreprise qui met des produits emballés sur le marché doit contribuer au financement et à l’organisation de la fin de vie de ces emballages.

Dans le secteur CHR, le sujet n’est pas totalement nouveau. Une première filière dédiée aux emballages de la restauration existe déjà depuis 2024. Mais à compter du 1er juillet 2026, le cadre s’élargit avec la montée en puissance de la filière des emballages professionnels, aussi appelée REP EIC pour Emballages Industriels et Commerciaux.

L’objectif est de mieux couvrir les emballages utilisés ou consommés par les professionnels, avec un pilotage par des éco-organismes et des obligations de déclaration pour les metteurs sur le marché.

REP ménagers et REP professionnels : ne pas confondre

C’est l’un des points de confusion les plus fréquents. Un établissement peut déjà entendre parler de la REP sur les emballages ménagers via d’autres circuits, sans pour autant avoir correctement qualifié ses emballages professionnels.

  • REP emballages ménagers : elle concerne les emballages destinés au grand public.
  • REP emballages professionnels : elle vise les emballages mis sur le marché à destination des professionnels, hors emballages déjà couverts par une autre filière REP.

Autrement dit, le fait de “payer déjà quelque chose” via un fournisseur ou un autre dispositif ne signifie pas automatiquement que vous êtes couvert pour l’ensemble de vos flux. Il faut raisonner emballage par emballage, selon le circuit réel de mise sur le marché.

Bon à savoir
  • Metteur sur le marché : l’entreprise qui emballe, fait emballer, importe ou met pour la première fois en marché un produit emballé en France.
  • Emballage de service : emballage fourni au moment de la vente ou de la remise au client.
  • B2B / B2C : professionnel vers professionnel / professionnel vers consommateur.
  • Estimation : déclaration de départ fondée sur des données prévisionnelles ou structurées au mieux.
  • Déclaration définitive : régularisation à partir des quantités consolidées.

Quels établissements CHR sont concernés ? Les cas concrets à vérifier

Dans les faits, de nombreux professionnels du secteur peuvent être concernés, en particulier s’ils mettent à disposition des produits emballés ou utilisent des emballages remis au client.

Voici les profils à examiner en priorité :

  • restauration livrée, y compris via plateformes,
  • dark kitchens,
  • vente à emporter,
  • snacking, boulangerie-sandwicherie avec activité de restauration,
  • hôtels avec offre petit-déjeuner ou restauration,
  • bars utilisant gobelets, boîtes, sachets ou contenants de service,
  • traiteurs,
  • restauration collective concédée selon l’organisation contractuelle.

Les cas concrets les plus sensibles concernent souvent les dosettes individuelles, les contenants de service destinés aux clients, les emballages remis dans un cadre B2C, mais aussi certains flux B2B lorsque le produit emballé est servi, porté ou mis à disposition chez un client professionnel.

Pour la restauration collective concédée, le point clé est contractuel : il faut déterminer clairement qui met sur le marché entre l’exploitant et le donneur d’ordre. Sans cette clarification, le risque est de mal déclarer les flux ou de ne pas les tracer correctement.

Mini-réponses aux questions les plus fréquentes

Je n’ai pas de vente à emporter, suis-je concerné ?
Oui, potentiellement. Le sujet ne se limite pas à la vente à emporter. Un hôtel, un bar ou un restaurant sur place peut être concerné selon les emballages utilisés et la manière dont les produits sont mis sur le marché.

Et si je passe par un grossiste ou une marque ?
Le fait d’acheter via un intermédiaire ne règle pas automatiquement la question. Il faut identifier qui supporte juridiquement la qualité de metteur sur le marché pour chaque flux.

Que se passe-t-il si je fournis des contenants réemployables ?
Le réemploi peut réduire certains volumes d’emballages à usage unique et devenir un levier de baisse de contribution, à condition d’être bien organisé et tracé.

Important si vous faites de la vente à emporter d’alcool : le permis d’exploitation ne s’applique qu’à la consommation sur place. Il ne doit pas être lié à la vente à emporter, quel que soit le type de boisson alcoolisée vendu.

Erreurs fréquentes
  • confondre REP ménagers et REP professionnels,
  • oublier certains petits formats comme les dosettes ou emballages de service,
  • ne pas disposer du poids unitaire des emballages,
  • penser que le fournisseur déclare forcément à votre place,
  • ne pas formaliser la répartition des rôles dans les contrats de franchise, concession ou marque blanche.

Comment adhérer et déclarer : le process opérationnel à mettre en place

Le plus simple est d’avancer avec une logique de check-list. Si vous vous y prenez avant l’été 2026, la mise en conformité devient beaucoup plus gérable.

1. Cartographier vos emballages

Commencez par identifier tous les emballages utilisés dans votre activité :

  • emballages de service,
  • emballages de transport,
  • suremballages,
  • emballages remis au client,
  • emballages liés à des prestations chez un client professionnel.

Pour chaque référence, relevez au minimum :

  • la matière,
  • le poids unitaire,
  • l’usage,
  • la quantité mensuelle ou annuelle,
  • le circuit de distribution.

2. Choisir un éco-organisme

Les acteurs cités dans le périmètre 2026 sont notamment Citeo Pro et Twiice avec l’écosystème Valobat. Le choix dépendra surtout :

  • de la couverture du périmètre,
  • des outils de déclaration proposés,
  • de l’accompagnement opérationnel,
  • de la lisibilité tarifaire et des services de suivi.

Il est utile de comparer les modalités avant de contractualiser, plutôt que d’attendre la dernière minute.

3. Adhérer avant le 1er juillet 2026

Le message clé est clair : mieux vaut adhérer avant le 1er juillet 2026 pour sécuriser votre conformité. Le décret du 17 novembre 2025 a fixé le cadre, et les pages officielles du ministère comme de l’ADEME confirment ce calendrier.

Si votre organisation est multi-sites, prévoyez une coordination centrale pour éviter les doubles comptes ou les oublis entre établissements.

4. Mettre en place un suivi interne fiable

Dans beaucoup d’établissements, la vraie difficulté n’est pas la règle elle-même, mais la qualité des données. Nous vous conseillons de désigner un référent REP en interne, même si ce rôle reste léger au départ.

Ce référent peut centraliser :

  • les fiches techniques fournisseurs,
  • les poids unitaires,
  • les volumes d’achats,
  • les usages par famille d’emballage,
  • les justificatifs de déclaration.
Modèle de tableau de suivi
  • référence emballage,
  • fournisseur,
  • matière,
  • poids unitaire,
  • quantité achetée / utilisée,
  • usage : service, transport, suremballage,
  • circuit : B2B / B2C,
  • site concerné,
  • période de suivi.

Le principe de contribution repose ensuite sur les quantités ou tonnages et sur les matériaux : papier-carton, plastique, aluminium, etc. Des modulations peuvent exister selon les logiques d’éco-conception ou de réemploi.

Sur le calendrier, les contenus disponibles en 2026 orientent vers une logique de transition avec premières données consolidées attendues en janvier-février 2027 pour les déclarations définitives ou régularisations selon le périmètre concerné.

Pour compléter votre organisation environnementale, vous pouvez aussi structurer vos flux internes avec notre article sur le tri des biodéchets obligatoire en restauration et les preuves de conformité, très utile pour articuler back-of-house, collecte et traçabilité.

Quels risques en cas de non-adhésion ou de mauvaise organisation ?

Inutile de dramatiser, mais il ne faut pas non plus sous-estimer le sujet. Une non-conformité sur la REP emballages professionnels peut entraîner plusieurs types de risques :

  • risque administratif, avec amende ou injonction de mise en conformité,
  • risque commercial, notamment si une plateforme, un franchiseur ou un donneur d’ordre exige des preuves,
  • risque d’accès à certains marchés, en particulier publics ou encadrés,
  • risque d’image, si votre communication RSE n’est pas appuyée sur une organisation réelle.

Le bon réflexe consiste à vous demander non pas “comment éviter un contrôle”, mais comment prouver rapidement que votre établissement est organisé.

Cette logique rejoint d’ailleurs d’autres sujets de conformité déjà bien présents dans le CHR. Si vous gérez aussi une activité de restauration collective ou un approvisionnement encadré, notre article sur les obligations EGAlim en restauration et la conformité environnementale dans les CHR peut vous aider à relier les différents chantiers réglementaires.

À vérifier dans vos contrats
  • plateformes de livraison,
  • franchises,
  • concessions,
  • marque blanche,
  • prestations chez des clients professionnels.

Dans chacun de ces cas, il est utile d’identifier noir sur blanc qui fournit l’emballage, qui le fait personnaliser, qui met le produit sur le marché et qui déclare.

Comment réduire votre contribution : les leviers concrets pour un établissement CHR

La REP ne doit pas être vue uniquement comme un coût supplémentaire. Bien pilotée, elle peut devenir un levier d’optimisation.

Les actions à mettre en place rapidement

  • supprimer les suremballages inutiles : couverts systématiques, double sachet, double boîte, éléments ajoutés par défaut,
  • réduire les grammages quand c’est possible sans dégrader l’usage,
  • standardiser quelques références au lieu de multiplier les formats,
  • favoriser des matériaux mieux valorisables localement lorsque cela est pertinent,
  • développer le réemploi : consigne, contenants réemployables, partenariats locaux,
  • mutualiser les achats pour mieux négocier les fiches techniques et les données de poids.

Plan d’action 30 jours

  • recenser les familles d’emballages,
  • demander les fiches techniques à vos fournisseurs,
  • identifier les références à faible valeur d’usage,
  • désigner un référent REP,
  • lister les contrats à vérifier.

Plan d’action 3 mois

  • choisir votre éco-organisme,
  • mettre en place le tableau de suivi,
  • tester une réduction de suremballage sur une ou deux gammes,
  • évaluer une solution de réemploi ou de consigne,
  • former les équipes achats, exploitation et encadrement sur les bons réflexes de traçabilité.

Sur ce type de sujet, nous pouvons vous accompagner pour structurer vos démarches de conformité, d’organisation et de pilotage environnemental. Si vous souhaitez aller plus loin, vous pouvez consulter notre catalogue de contenus et de formations pour les professionnels CHR ou contacter un de nos conseillers pour faire le point sur vos besoins d’accompagnement.

Les bons réflexes à poser dès maintenant

Pour rester serein avant le 1er juillet 2026, retenez cette check-list :

  • vérifier si vous êtes metteur sur le marché sur tout ou partie de vos emballages,
  • distinguer clairement emballages ménagers et emballages professionnels,
  • cartographier vos références et récupérer les poids unitaires,
  • clarifier les responsabilités contractuelles si vous travaillez avec une plateforme, une franchise ou un donneur d’ordre,
  • adhérer avant le 01/07/2026,
  • préparer vos premières déclarations consolidées pour janvier-février 2027,
  • engager rapidement des actions de réduction pour limiter votre future écocontribution.

La bonne approche consiste à transformer cette échéance réglementaire en démarche de gestion plus propre, plus traçable et souvent plus économique. En structurant vos flux dès maintenant, vous gagnez à la fois en conformité, en lisibilité et en crédibilité. Et si vous souhaitez être accompagné sur ces enjeux d’organisation, de développement durable ou de mise en conformité dans le CHR, nous sommes à vos côtés pour vous aider à avancer de façon concrète et adaptée à votre établissement.

illustration Ouverture

OUVRIR SON ÉTABLISSEMENT EN CHR

FORMATIONS OBLIGATOIRES POUR OUVRIR UN ETABLISSEMENT EN CHR

Avant d'ouvrir un établissement dans le secteur des cafés, hôtels et restaurants (CHR), il est indispensable de suivre deux formations obligatoires.
  • Le permis d'exploitation est requis pour toute personne souhaitant vendre de l'alcool à consommer sur place, garantissant une connaissance des règlementations en vigueur.
  • La formation en hygiène alimentaire est obligatoire dès lors que vous manipulez ou servez des produits alimentaires, afin d'assurer le respect des normes sanitaires et de garantir la sécurité de vos clients
DÉLAIS D'ACCES AUX FORMATIONS : Sous réserve de disponibilité, les inscriptions sont ouvertes jusqu'à 24h avant la formation.